dimanche, juillet 13, 2008

Grillagé d’électricité glissant sous des copeaux d’ivoire. La cloche sonne trois coups, puis cinq en réponse au cadran impatient.
A mesure que la pelure rosit de plaisir, avant de se parer de lumières, les hirondelles strient de pizzicati la nuit encore endormie.
C’est l’heure des poubelles, puis tout est gris.
La fin du jour suit son même rituel dans la capitale du Poitou. Même si les grandes migrations commencent. Les hirondelles, qui flirtaient comme des ombres avec les passants battant les pavés, se font plus rares. Les roulements de tambour fuient, toujours sur la même mesure, la place d’armes de Poitiers. Gare, garde à vous.
Face à ces grandes manœuvres, les vitrines s’affolent et tiennent des propos aguicheurs aux badauds encore de passage. L’empilement des cartons sur le pas de leur porte nargue consciencieusement les rescapés qui battent en retraite et se regroupent. Le dernier carré de sacs noir, les dernières heures de la fougue consommatrice.
Alors que des cris joyeux s’élèvent encore depuis la rue, j'égrène les notes d'un dernier morceau pour les dernières hirondelles. Les notes, vaporeuses, sont vite couvertes par le tintinnabulement.
La cloche sonne trois coups, puis huit comme pour dire au revoir, à bientôt.

samedi, juin 28, 2008

Vie pictavienne...

Le cycle de la nuit souffre d'insomnies et se drape dans les plis usés du retour, ailleurs.

C'est qu'adieu pays du croissant, retour à l'harmonique des croissants qui frottent contre la dent. La délicieuse parenthèse avait d'ailleurs triché la phrase et s'était offert un retour ; bonjour la nuit, jamais d'ennui.

Mais ce n'est plus un yaya qui glisse désormais sur le miroitellement des étoiles et j'ai accosté sur des rives moins exotiques.
J'apprends tout plein d'expressions nouvelles ("je vais en CPCR", "je me demande bien comment peut s'insérer CoRDEE dans le système des minimis?"...) et j'invente des mots nouveaux, en hommage à ma nouvelle présidente.

Je me mets pas martel en tête, je reste le même.

Que le chabichou soit avec vous,

mercredi, septembre 05, 2007

Yaya


Petit cercueil à ciel ouvert qu’on peut voir voguer sur l’eau plate et brumeuse du lac Atitlán, vaste de 130 Km2 et cerclé de volcans.

Prenez-en un de ces Yaya, par simple curiosité, et asseyez-vous sur le cageot vide de bouteilles Pepsi pour mieux vous laisser bercer par le mouvement de barcarole hystérique de cette frêle coquille de noix.

N’en abusez quand même pas trop car, alors que vous voyez filer le large, votre embarcation de fortune manque de se renverser. Il est grand temps de comprendre qu’un simple repositionnement stratégique de votre orteil gauche ou de votre pied droit, coincé entre la « coque » et le cageot, risquerait de compromettre la situation déjà précaire de l’équipage.

Au cours du périple vous pourrez apercevoir surgissant des abysses (j'étais sur le point d'écrire "abîmes") profondes de 660 mètres une tête gélatineuse d’alien. Vous n’aurez dès lors qu’une seule idée en tête… colmater la voie d’eau qui baille à l’avant de l’appareil et regagner de toute urgence un sol plus hospitalier.

vendredi, août 31, 2007

Gastronomía

C'est dans cette région du monde que le vieil adage "il faut manger pour vivre et non vivre pour manger" prend tout son sens et que le concept de gastronomie perd tout le sien.

Certes il reste possible de manger un bon poisson, ou encore un ceviche de pescado ou de camarones succulent.

Mais ne pensez pas manger "typiquement mexicain", un peu comme des touristes qui arriveraient Old el paso et rêveraient de gouter des faJitas aux couleurs du Mexique. Jusqu'à ce que leur estomac vienne confirmer les premières sensations ressenties par un palais en alerte ("alerte au palais") : le désenchantement.

Croyez-moi, j'ai bien essayé d'engloutir vers la fin de mon séjour de la "cuisine mexicaine". J'ai calé aux premières bouchées, et bien m'en a pris.

Il n'existe dès lors qu'une unique alternative, s'abandonner aux bras nourriciers de la mère patrie...


mardi, août 28, 2007

Colores




Les couleurs marquent chaque pas dans les ruelles du Mexique.
Pied-de-nez au conformisme et à la répétitivité, elles vous alimentent d'un goût pour la vie.


Comme si toutes ces couleurs étaient autant d'émotions qui vous assaillent.



Ces couleurs ne sont-elles pas parmi les derniers obstacles face aux inégalités? Les façades et les vêtements barriolés, les fleurs qui éclosent en feux d'artifice le long des murs... comme une insouciance collective face à la gravité de la vie.


Compás




Vous construisez des normes, des repères de rationalité. La Nature pourtant ne les reconnaît pas, ces normes humaines ; et vous aurez beau élargir toujours plus le compas de votre entendement, l'émerveillement ne cessera jamais de vous surprendre.



La technique et la science, par des exploits d'ingéniosité ont su imiter en partie la créativité artistique de la nature. Et pourtant la copie ne sera jamais qu'un pâle témoin soumis au cours du temps.

lundi, août 27, 2007

Un dictionnaire amoureux de l'Amérique latine...


Pourquoi pas.

Raconter mon voyage sous forme chronologique serait d'un fastidieux pour mon auditoire, bien que clairsemé donc toujours plus indulgent. Et pourtant je ne peux pas passer sous silence ces pérégrinations aux allures de pélerinage (l'Amérique latine exerce une fascination toute particulière).

Je vous présente donc un dictionnaire amoureux, dont j'emprunte le concept mais que j'enrichis d'un principe très innovant : ce dictionnaire ne sera pas classé alphabétiquement.
Bon, en réalité c'est plus simple pour moi.

Il sera forcément partiel car je ne suis pas non plus un globe trotteur invétéré. L'Amérique latine est vaste et complexe et je n'ai forcément pu en saisir qu'une infime part, aussi belle soit elle. En revanche tout contributaire sera acceuilli les bras ouverts, alors n'hésitez pas.

Ce dictionnaire sera partial, et franchement ce n'est pas plus mal ainsi. Tant pis pour les esprits froissés ou les commentaires spartiates.

mardi, juillet 31, 2007

Breve intermedio

Jejeje !